Le Québec traverse actuellement une période ponctuée de nombreux changements sociétaux importants. Le vieillissement de la population posera de nombreux défis au cours des prochaines années, alors que la vague de baby-boomers transitionnera vers leur retraite bien méritée. L’Institut de la statistique du Québec prévoit que d’ici 2023, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus surpassera celui des moins de 20 ans. On s’attend également à ce que les milléniaux, c’est-à-dire les gens nés entre 1982 et 2000, composent la majorité des travailleurs actifs au Canada d’ici quelques années. Comment le Québec décidera-t-il de gérer cette situation, où de plus en plus de personnes âgées nécessiteront des soins de santé tout en étant dépendantes des décisions prises par la génération plus jeune, qui sera responsable de décider des priorités de l’État ? 

Parallèlement au vieillissement de la population, les changements climatiques, dorénavant indéniables, poseront un défi supplémentaire lorsqu’il sera question de dicter les orientations politiques des différents partis. Ils affecteront sans aucun doute le système de santé, alors que les journées aux conditions météorologiques extrêmes — périodes de froid glacial et de chaleur suffocante — se multiplieront et contribueront à l’engorgement des hôpitaux. Comment décidera-t-on, en tant que société, d’agir face à ces nouveaux défis ?

C’est dans ces moments que le rôle de l’AQRP prend une importance toute particulière. Alors que le nombre de personnes requérant des soins augmente, le nombre de places dans les hôpitaux et CHSLD et de services offerts ne suit pas nécessairement la cadence. L’Association fait pression auprès des instances décisionnelles afin que ces dernières placent cet enjeu au sommet de ses priorités et que les retraités québécois puissent obtenir facilement les soins dont ils ont besoin. 




Soins à domicile

« [Les soins à domicile], les aînés en ont besoin et plusieurs d’entre eux ne peuvent pas être épaulés par leur famille ou avoir recours au secteur privé. Le gouvernement doit absolument respecter sa parole et répondre aux besoins des agences de santé », rappelait Donald Tremblay, président de l’AQRP, dans un communiqué de presse en janvier 2019. Alors que l’Institut de la statistique du Québec prévoit pour l’année 2018-2019 un surplus budgétaire record oscillant entre 5,9 et 8,39 milliards de dollars, avant le versement au Fonds des générations, l’Association met de la pression sur le gouvernement afin qu’il tienne sa promesse de répondre aux besoins financiers des établissements de santé en matière de soins à domicile. En 2017, on estimait qu’entre 15 % et 18 % des aînés du Québec avaient officiellement déposé une demande pour obtenir des soins à domicile, mais que seulement 8,6 % d’entre eux en auraient obtenu. Cette situation alarmante fait partie des préoccupations principales de l’Association qui milite en faveur de l’augmentation des services offerts à la population aînée du Québec ainsi que la mise en place d’un environnement propice au vieillissement actif de nos aînés.

Dans son manifeste Pour un Québec digne de ses aînés, publié en collaboration avec un groupe d’associations représentant des personnes aînées et retraitées, l’Association revendique, entre autres, la création d’un fonds protégé imputé aux soins à domicile, la revampe du programme Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) et l’ajout du transport d’accompagnement bénévole au panier des services couverts par le Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique (PEFSAD). 

Soins palliatifs et aide médicale à mourir

Dans un contexte où l’on prévoit que le nombre de décès surpassera le nombre de naissances d’ici 15 ans, l’accessibilité aux soins palliatifs prendra sans contredit de l’importance dans un futur rapproché. L’AQRP croit fermement que tous ont le droit de mourir dans la dignité, et que le développement des soins offerts aux personnes en fin de vie devrait figurer parmi les priorités du gouvernement en matière de santé. L’Association suit également avec attention la contestation de deux Québécois, atteints de maladies dégénératives incurables, des lois canadienne et québécoise encadrant l’aide médicale à mourir, puisque la décision du tribunal pourrait avoir un impact sur les lois actuelles. La cause est entrée dans sa phase finale en février 2019, alors que les plaidoiries ont débuté. Les plaignants s’attaquent aux critères de « fin de vie » et « mort naturelle raisonnablement prévisible » prévues par les lois québécoise et fédérale et demandent un assouplissement de ces critères. 

Formation et conditions de travail des préposés aux bénéficiaires

La situation des préposés aux bénéficiaires est bien connue : le manque de main-d’œuvre et des conditions de travail difficiles imposent un stress palpable à toutes ces personnes qui prennent soin, au meilleur de leur capacité, de nos aînés. La valorisation de cette profession est plus qu’importance dans le contexte actuel, où le nombre grandissant de personnes âgées s’arrime avec un besoin grandissant de services offerts.

Au cours des dernières années, l’AQRP a accueilli positivement des initiatives mises en place conjointement par le gouvernement et des centres de formation pour offrir des programmes visant à former de nouveaux préposés aux bénéficiaires à l’aide de pratiques novatrices et d’apprentissage en milieu de travail. Cette nouvelle manière de faire, choisie par le CIUSSS de la Capitale-Nationale en 2017, propose un mélange de théorie et de pratique, qui profitera aux futurs préposés dans les CHSLD. Cette méthode favorise un contact plus étroit de la recrue avec son futur milieu de travail et renforce le lien humain entre le préposé et les résidents des établissements. Le tout a pour but, au final, de proposer un accompagnement personnalisé et de qualité aux résidents en développant une relation positive, professionnelle, et de confiance afin de contribuer à l’amélioration de leur qualité de vie.

En ce qui a trait au grave problème de manque de main-d’œuvre, l’AQRP ne croit pas que la solution réside dans l’instauration de formations accélérées pour les préposés aux bénéficiaires. L’allégement des exigences de recrutement n’aurait pour effet que d’augmenter les risques pour les résidents, en plus de diminuer la qualité des soins qui leur sont offerts. L’Association croit plutôt que le gouvernement devrait s’attarder à la valorisation de la profession et l’amélioration des conditions de travail, de manière à contrer les effets pervers de la surcharge de travail qui affecte présentement les préposés aux bénéficiaires. 

Documentation pertinente

Janvier 2019

Communiqué de presse : Financement adéquat des soins à domicile : le gouvernement doit assumer ses responsabilités. Lire l’article.

2018

Manifeste Pour un Québec digne de ses aînés. Télécharger ici.

Septembre 2017

Mémoire : Consultation gouvernementale sur le renouvellement de la politique Vieillir et vivre ensemble 2018-2023. Télécharger ici.

Communiqué de presse : Rapport du Protecteur du citoyen 2017 : les soins à domicile au Québec, un bris de service majeur. Lire l’article.

Communiqué de presse : Formation des préposés aux bénéficiaires dans la Capitale-Nationale : un geste responsable et accueilli avec soulagement. Lire l’article.