Les travailleurs d'aujourd'hui, les retraités de demain

28 septembre 2026

Complexe G Credit Pierre Gignac

Le 24 septembre dernier, huit grands syndicats représentants les employés de l'état lançaient un cri du cœur concernant les promesses de coupures au sein de la fonction publique du Québec. En tant qu’association indépendante représentant les retraités des secteurs publics et parapublics, l’AQRP souhaite joindre sa voix à leur message et recommander la prudence pour le prochain parti qui entrera en pouvoir en octobre prochain.

La fonction publique québécoise joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’État et des services publics. Ce sont ces employés qui gèrent les programmes sociaux, eux encore qui donnent des services directs aux citoyens. En réduisant la taille de l’État pour atteindre une cible prédéterminée d’effectifs, on risque de faire plus de tort que de bien à la population québécoise. Notre position est claire : la gestion des finances publiques ne doit pas se traduire par une course aux compressions où la réduction des effectifs se veut une fin en soi.

En réponse aux différentes compressions annoncées par les partis, notre association ne peut que s’inquiéter de l’impact de celles-ci sur la population en général, et particulièrement sur les personnes aînées, dont plusieurs dépendent des services publics pour de nombreux aspects de leur vie. Nous pensons également aux employés de la fonction publique qui pourraient être touchés par ces mesures. Ces travailleurs sont aussi les retraités de demain : les personnes qui consacrent leur carrière au service de l’État seront demain celles que nous représenterons.

La perte d’emploi de milliers de personnes aura pour effet de faire pression sur l’économie du Québec et augmentera les besoins en services sociaux. Comment procéder à de telles coupures et déterminer avec précision quels emplois devraient être ciblés? Comment peut-on s’assurer que les emplois supprimés n’auront pas d’impact direct pour la population? Il est facile de conclure que l’automatisation de certains services ou l’utilisation de plateformes informatiques pourra remplacer les employés et offrir le même niveau de service à la population. Mais qu’en est-il des personnes qui ne sont pas en mesure d’utiliser un ordinateur? Les services en personne et par téléphone doivent rester disponibles pour répondre aux besoins de toute la population.

À une époque où le coût de la vie augmente, les efforts visant à améliorer l’efficacité de l’État devraient être privilégiés avant de réduire les effectifs et la capacité à assurer les services. L’État devrait notamment utiliser l’expertise disponible à l’interne avant d’externaliser certains projets et dossiers à des fournisseurs privés.

C’est donc sans hésitation que nous joignons notre voix aujourd’hui aux syndicats représentant la fonction publique et parapublique pour lever un drapeau rouge. Nous demandons au prochain gouvernement d’analyser les impacts à court, moyen et long terme de ses décisions et de privilégier des solutions qui permettent d’améliorer l’efficacité de l’État sans nuire aux services offerts.

Les travailleurs de la fonction publique sont les retraités de demain. Les services publics qu’ils contribuent à offrir aujourd’hui seront ceux dont ils auront besoin demain. Défendre la capacité du gouvernement à répondre aux besoins des Québécoises et Québécois, c’est aussi de contribuer à améliorer le bien-être de tous, autant celui des travailleurs que celui des retraités.  


Crédit photo: Pierre Gignac, collège François Xavier Garneau