Changeons le regard porté sur le vieillissement

10 juin 2026

Par Anne-Marie Rajotte

Le vieillissement est encore trop souvent associé au déclin, à la maladie, à la dépendance ou à l’inutilité. Ces idées reçues persistent et nourrissent des attitudes dévalorisantes, des comportements infantilisants et, trop souvent, de l’exclusion. C’est ainsi que l’âgisme s’installe – parfois discrètement, parfois ouvertement –, avec des conséquences bien réelles.

Blagues fondées sur l’âge, décisions prises sans consulter, mise à l’écart d’activités ou de responsabilités : l’âgisme affecte la dignité, l’estime de soi et la participation sociale. Il peut mener à l’isolement et même à l’auto-exclusion des personnes aînées ou retraitées.


La réalité raconte une tout autre histoire

Comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé, « le vieillissement actif est le processus consistant à optimiser les possibilités de santé, de participation et de sécurité afin d’améliorer la qualité de vie des personnes qui avancent en âge ». Vieillir ne signifie donc pas se retirer, mais continuer à participer, à contribuer et à s’épanouir. Cette vision rejoint celle exprimée par Félix Leclerc, qui écrivait avec justesse : « Ne regrette pas de vieillir. C’est un privilège refusé à beaucoup. »

Les personnes aînées sont actives, engagées et essentielles. Elles soutiennent leurs proches, s’impliquent dans leur communauté, travaillent, entreprennent, créent, transmettent et participent pleinement à la vie sociale, culturelle et économique.

En Outaouais, d’ici 2031, près d’une personne sur quatre aura 65 ans ou plus. Cette réalité n’est pas un fardeau : c’est une force collective. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les personnes aînées affichent un haut niveau de satisfaction à l’égard de leur vie, demeurent actives physiquement et socialement, contribuent massivement au bénévolat et à la philanthropie, utilisent les technologies numériques et participent activement à la vie démocratique.

Surtout, une perception positive du vieillissement est associée à une meilleure qualité – et à une plus longue durée – de vie. Le regard que la société porte sur l’âge a donc des conséquences réelles. Cette approche est d’ailleurs pleinement reconnue par le gouvernement du Québec dans sa politique Vieillir et vivre ensemble, où il affirme vouloir « bâtir une société inclusive pour tous les âges, où le vieillissement de la population est perçu comme une richesse et une opportunité ».


Nous sommes bien plus que des stéréotypes

Nous sommes des parents, des grands-parents, des bénévoles, des travailleurs, des entrepreneurs, des proches aidants, des mentors, des étudiants, des artistes et des citoyens engagés.

Il est temps de changer de discours et de reconnaître les personnes aînées et retraitées comme des acteurs à part entière de la société, de valoriser leur contribution plutôt que de la minimiser, de bâtir une société inclusive où l’âge n’est pas un facteur d’exclusion, mais une richesse.


Une société qui respecte ses aînés est une société plus forte

Tout en œuvrant à la défense des droits des personnes aînées et retraitées, l’AQRP agit pour que l’ensemble de la société québécoise reconnaisse ses membres comme des piliers d’un Québec inclusif, solidaire et fier de ses bâtisseurs.

Socialiser à la Sucrerie du Terroir ! Val-des-Monts, Outaouais, 18 mars 2026


Deux de nos membres, ravis de se sucrer le bec !