Une escapade en Montérégie

8 décembre 2025

46 Spa Hiver 278 Cmjn

Collaboration d’Annie Talbot
Rédactrice

Le spa que vous ne connaissez pas... 

À moins d’avoir fait un pèlerinage dans tous les spas du Québec pour vous remettre d’aplomb après toute une vie à bosser dur, vous ne connaissez probablement pas le Spa Franklin. Il ne figure généralement pas sur les listes établies par les blogueurs et organismes touristiques. Même le site Web est plutôt avare de photos. C’est donc dans un esprit d’aventure que j’ai pris la route en direction de la MRC du Haut-Saint-Laurent, curieuse de découvrir ce qui m’attendait au bout du chemin, pas loin des lignes.

En sillonnant champs et boisés sur de petites routes de campagne, je me demande à deux ou trois reprises si je suis bel et bien sur le bon chemin. Puis, à une intersection, se dresse un bâtiment de pierre et de bois au charme rustique, mais discret.

L’intérieur du bâtiment, tout simple, donne l’impression d’avoir fait un bond dans le siècle précédent. Dans une aile plus récente, on trouve casiers, douches et autres commodités d’une propreté immaculée. Et on a pensé à tout : sacs compostables pour mettre son costume de bain trempé, shampoing, sèche-cheveux… Jusque-là, tout inspire confiance. Et le plus beau reste à voir !

Les installations du spa sont nichées sur un affleurement rocheux au bas duquel court un ruisseau. Bassins chauds et froids, sauna sec, foyer, tentes de massage, aires de détente, chutes thermale et nordique, bean bags et chaises suspendues jalonnent une rive tandis que des arbres font écran sur l’autre rive. Tout est intégré pour tirer parti de ce qu’offre le site naturel sans le défigurer. Ici, point d’hibiscus et de bouquets m’as-tu-vu : on préfère les touffes d’herbes et les fleurs vivaces. Ici, point d’écriteaux alarmants signalant que les galets peuvent être glissants, qu’il y a risque de noyade ou d’arrêt cardiaque : on considère que les visiteurs sont prudents et intelligents. Ici, pas besoin de faire la sardine : la capacité d’accueil est volontairement limitée à une trentaine de personnes.

C’est un spa superbement et respectueusement pensé où chaque station est une escale de petites découvertes sur soi et son rapport à l’environnement. On commence par un bain chaud surmonté d’une cascade offrant une vue imprenable sur l’écrin de la rivière. D’ailleurs, celle-ci appelle à s’y tremper les orteils et à la remonter jusqu’à sa chute naturelle. Les poufs et chaises longues près du foyer appellent à une pause au chaud avant de reprendre la baignade. En remontant la rive, on s’arrête pour une saucette, un massage, une contemplation ou quelques minutes de sudation.

Voilà qui vaut bien le détour champêtre de 75 kilomètres depuis le centre-ville de Montréal en toute saison. Oui, même — et peut-être surtout — l’hiver !

... Et le pub que vous ne connaissez pas non plus ! 

À quelques kilomètres du spa, à l’orée d’un petit boisé, en face d’un verger et d’une cidrerie, se trouve un pub de tradition irlandaise, Le Vieux Pub à Rockburn. Le vaste bar qui trône à l’entrée, les boiseries foncées, le foyer qui crépite, le personnel bilingue fort sympathique, prévenant et d’expérience : tout concourt à un moment de qualité. Qu’en est-il du menu ? Parce que l’Irish stew, ce n’est pas de la haute gastronomie, entendons-nous. Eh bien, c’est un menu comme dans tous les pubs canadiens (burgers, fish & chips, pizzas…), mais tout y est fort bien fait et savoureux, avec un goût très prononcé de « r’venez-y ».

J’hésite à écrire que c’est une expérience de restauration « comme dans les années 1980 », mais c’est la comparaison qui me vient à l’esprit. C’est un lieu où la déco vous est familière dès la première visite, où l’on prend ses habitudes, où l’on retrouve le même personnel que l’on aime et qui finit par vous connaître parce qu’il s’intéresse à vous, où les frites ont le même goût délicieux depuis toujours, où service impeccable prend tout son sens, et tout cela, sans l’odeur de vieux tabac ni la quétainerie des années « mélamine ».

Des vergers aux vignobles, des restaurants aux érablières, en passant par les auberges et les jardins, la MRC du Haut-Saint-Laurent regorge de petits trésors comme ceux-là : des lieux discrets, à taille humaine, où l’on prend le temps de se ressourcer. Loin des foules et du tape-à-l’œil, elle offre un tourisme d’authenticité et de proximité, parfait pour redécouvrir le plaisir de s’évader.

Vous trouverez d’autres idées de sorties dans la MRC au mrchsl.com/tourisme.