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MOT DU PRÉSIDENT

Extrait de la revue Reflets de décembre 2023 (p. 3)

CES MOTS QUI DÉRANGENT

AU POINT DE DEVENIR DES MAUX

 

« La vieillesse n’est pas une veilleuse.

La vieillesse est une lumière radieuse.

C’est à la fin du jour que le soleil

brille de ses plus beaux feux. »

Stéphane Laporte dans La Presse Plus du 1er octobre 2023

 

Le 1er octobre, c’était la Journée internationale des aînés. Quelques activités ont été organisées, principalement des marches, notamment à Montréal. Mais, hormis quelques mentions aux téléjournaux, la journée n’a pas eu un grand retentissement : aucune réflexion particulière sur la place des aînés dans la société et aux égards qui devraient leur être accordés.

 

Dans sa chronique hebdomadaire, Stéphane Laporte a voulu donner écho à cette journée. Il y a entre autres déploré le déni, pour ne pas dire l’ignorance, dont la société fait preuve vis-à-vis des vieux – comme si on ne comprenait pas que tous vont en faire partie, inévitablement. Il en conclut que la société ne veut pas vieillir et se met en porte-à-faux, craignant que la vieillesse soit contagieuse, alors qu’elle est notre avenir.

 

Cette chronique m’a amené à m’interroger sur les mots qu’on utilise pour parler du concept du vieillissement ou de la vieillesse comme dernière période de notre vie : aînés, personnes âgées, vieux… Et aux raisons pour lesquelles il semble si difficile parfois de prononcer ces mots ou de s’y associer alors qu’on est directement concernés.

 

La vieillesse est un état, une situation, dans le cadre d’un processus qu’on nomme le vieillissement, processus dans lequel on chemine jusqu’au crépuscule de notre vie. Quand ce processus commence-t-il ? Je suis tenté de répondre que cela varie d’une personne à l’autre en fonction de diverses considérations. Je crois, à tort ou à raison, qu’il commence lorsque notre organisme nous envoie des signaux pour ralentir le rythme avec lequel nous abordons la vie.

 

Je comprends toutefois que, pour des fins de recherche, de statistiques ou d’élaboration de politiques appropriées, on cherche à fixer un seuil à partir duquel on considère que le processus du vieillissement est amorcé, afin de bien délimiter le bassin de personnes concernées. Le seuil des 65 ans est généralement celui qui est proposé, et largement utilisé tant dans les discours politiques que dans les médias et dans les centres de recherche.

 

Ce processus s’accompagne parfois, à un moment ou à un autre, de pertes plus ou moins grandes pouvant affecter l’autonomie. C’est alors que les mots utilisés peuvent déranger, parce qu’ils reflètent des maux qui sont associés très souvent à l’état de la vieillesse, maux qui atteignent même une ampleur très importante : maladies dégénératives, confusion, démence, aliénation mentale. Tout cela dans un contexte où la notion de vulnérabilité est vite associée à celle de la vieillesse.

 

Une parenthèse ici pour rappeler que l’AQRP demande qu’on effectue un vrai virage vers les mesures de soutien à domicile pour justement contrer ces pertes plus ou moins grandes. Cela devient un investissement et non une dépense, parce que favoriser le maintien à domicile a des effets très positifs sur la santé, permettant notamment d’éviter bon nombre d’hospitalisations : mieux vaut prévenir que guérir.

 

Il y aurait donc lieu, à mon avis, de relativiser les choses et d’éliminer le sens péjoratif qu’on associe à certains mots. Prenons l’exemple du mot « aîné », qu’on pense lié à « désuétude », à « ne plus être dans le coup » et à « devenir un poids pour la société ». Or, un aîné, c’est une personne qui est née avant les autres et qui, à ce titre, peut être celle qui trace le chemin et défriche le terrain pour le rendre plus accessible pour celles qui suivent. Un aîné, c’est une bibliothèque vivante qui peut et doit livrer son bagage et servir de pôle de référence.

 

Il m’apparaît très réducteur d’utiliser l’âge ou la vieillesse comme facteur explicatif de différents phénomènes. Il est vrai qu’avec l’âge peuvent se présenter des difficultés : pertes de mémoire, caractère plus aigri… Mais n’oublions jamais qu’en parallèle, pour d’autres, la vieillesse est un épanouissement, une période où se retrouvent la vivacité d’esprit, l’empathie et la volonté de continuer à contribuer à la société.

 

Je tiens à rappeler que dans les mots « vieillesse », « vieillissement » et « vieux » se trouve le mot « vie ». Je suis convaincu qu’à moins d’avoir un problème de santé grave handicapant sérieusement la vie, nous voulons tous vivre le plus longtemps possible – mais cela suppose d’accepter de vieillir et donc de ne pas avoir à être dérangé par les mots entourant le vieillissement.

 

Je termine avec les mots suivants de Stéphane Laporte : « Quelqu’un rempli de vie, c’est un vieux. » Bon processus de vieillissement.


2023

Septembre - Entrevue avec Paul-René Roy

Juin - Vivre sa vie à fond... jusqu'au bout

Mars - La retraite comme investissement dans la vie

2022

Décembre - Le soutien à domicile : un virage nécessaire et incontournable

Septembre - La constance dans la poursuite de notre mission

Juin - Au revoir !

Mars - Prenons nos responsabilités et profitons des États généraux pour changer les choses !

2021

Décembre - À propos de l'indexation, de la Tribune des retraités et de l'avenir des personnes âgées au Québec

Septembre - Aujourd'hui, 20 juillet 2021...

Juin - UN AN A PASSÉ, TOUJOURS CONFINÉS !

Mars - QUE NOUS RÉSERVE L'ANNÉE 2021 ?

2020

Décembre - À NOUVEAU CONFINÉS !

Septembre - CE QUE LA PANDÉMIE A RÉVÉLÉ

Juillet - UNE PRÉSIDENCE EN CONFINEMENT

Mars - DES ANNÉES 2010 AUX ANNÉES 2020

2019

Décembre - LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, UNE MENACE ?

Septembre - MON ENGAGEMENT

Juin - UN DÉBUT 2019 BIEN OCCUPÉ

Mars - UNE SEULE LETTRE FAIT TOUTE LA DIFFÉRENCE

2018

Décembre - QUI VEUT S'APPAUVRIR ?

Septembre - UNE RENTRÉE POLITIQUE ET STRATÉGIQUE

Juin - ENTREVUE AVEC DONALD TREMBLAY

Mars - LE CLOU

2017

Décembre - 2018, L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS… NON : DE TOUTES LES OCCASIONS !

Septembre - L’ENNEMI PUBLIC NUMÉRO UN DES CITOYENS QUE NOUS SOMMES

Juin - JE, TU, IL, ELLE, NOUS, VOUS, ILS, ELLES…

Mars -  LA TENUE DE SON ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE

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